2015, une année chargée d’histoire pour Peugeot

Peugeot 402 Andreau de 1936

2015 fut une année à forte teneur symbolique pour Peugeot. 402, 403, 204, 604, quatre appellations en apparence insignifiantes, qui renvoient en fait à des monuments de l’histoire du constructeur sochalien. Berlines haut de gamme, bourgeoises ou popu’, petits coupés ou sportives félines, toutes les facettes de la marque française sont réunies à cette occasion pour une virée automobile intergénérationnelle.

80 ans de la 402

Figure des Peugeot des années 30 avec ses optiques de phares calfeutrés sous sa calandre, la 402 a puisé sa surprenante ligne dans le Streamline, courant américain apparu en réaction au contexte de crise économique de l’entre-deux-guerres, dont la Chrysler Airflow reste le symbole ultime dans le domaine de l’automobile. L’aérodynamisme prévaut sur ces véhicules dont le dessein était d’alléger le passage à la pompe. Ce qu’illustra la surprenante version Andreau un an plus tard.

 

Parallèlement, Peugeot entend apporter une réponse à la fameuse Traction Avant de Citroën ainsi qu’aux plus confidentielles Vivaquatre et Primaquatre de chez Renault. Son succès sera toutefois happé par la Seconde Guerre Mondiale.

Véritable objet de collection, la 402 jouit d’une belle cote aujourd’hui, comme l’attestent notamment ses nombreuses variantes Eclipse et Darl’mat.

 

Dessin de type 'art déco' mettant en avant la performance des Peugeot 402 Darl'Mart lors des 24 Heures du Mans 1937

60 ans de la 403

Remplaçante naturelle de la 402, elle représente l’archétype des Peugeot d’après-guerre. Elle aussi déclinée en une multiplicité de variantes, elle a su s’adapter à toutes les formes de clientèles, seyant aussi bien au père de famille, qu’à l’artisan ou au commerçant. A l’aube des années 60, elle s’attache même à devenir encore plus séduisante dans une édition Grand Luxe ou encore en devenant découvrable.

La 403 s’est par ailleurs distinguée dans quelques compétitions automobiles, notamment lors du prestigieux East African Safari 1958, préfigurant les succès de la 404 dans la même compétition durant la décennie 60.

 

50 ans de la 204

Mignonette en berline ou en fourgonnette, la petite en devient coquine lorsqu’elle arbore une carrosserie coupé ou cabriolet 2+2.

Grâce à sa polyvalence, la 204 connut un véritable succès populaire avec plus de 1,5 millions d’exemplaires écoulés au cours de ses dix années d’existence.

A noter qu’elle a également à son actif un titre de gloire sportif, en décrochant plusieurs records d’endurance sur l’autodrome de Montlhéry en 1973.

 

40 ans de la 604

En 1975, Peugeot entend réinvestir le segment des grandes routières, qu’elle avait délaissé depuis la 601, apparue en 1934. Consciente de l’enjeu que représentait ce projet, la firme sochalienne a décidé de miser sur un fort classicisme esthétisme avec le concours de Pininfarina et de Paul Bracq. Au prix d’un certain manque d’originalité final, qui a pu lui faire du tort.

 

Mais son écueil majeur ne réside pas au niveau de son apparence. Les dirigeants de la marque française ont en effet quelque peu manqué de timing en commercialisant leur vaisseau amiral avec un gourmand V6 PRV alors que le premier choc pétrolier secoue l’économie planétaire depuis deux ans. Le succès attendu et espéré n’a dès lors jamais été au rendez-vous, malgré l’arrivée d’une version TI un peu plus sobre en 1977 et la présentation d’une audacieuse version turbo diesel en 1979.

Un véhicule qui peut être source de regrets pour la maison franc-comtoise, tant ses qualités routières lui permettaient de tenir la dragée haute à ses majestueuses concurrentes allemandes.

 

Peugeot 401 D roadster carrossée par Crozier pour la chanteuse Mistinguett en 1935

Il y a tout juste 80 ans, la chanteuse Mistinguett s’offrait une Peugeot 401 D Roadster carrossée par Crozier. Un modèle extravagant dans le pur style des années folles.

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