
30 mai 1984, Stadio Olimpico, l’italien Agostino Di Bartolomei et l’écossais Graeme Souness procèdent au traditionnel échange de fanions, sous les yeux de l’arbitre suédois Erik Fredriksson
L’AS Roma et le FC Liverpool peuvent se féliciter en cette saison 2017/2018, des jouissives épopées européennes offertes à leurs supporters et plus largement aux amateurs de ballon rond. Ce soir, les deux clubs se retrouvent au pied de la dernière marche qui les sépare du plus beau sacre continental, la Ligue des Champions. Une affiche qui n’est pas sans rappeler la finale de l’édition 1983 – 1984 de la compétition, restée depuis dans les mémoires.
Cette année-là, l’éblouissante Lupa atteint l’étape ultime de la coupe, prévue dans son antre fétiche, le bouillant Stadio Olimpico. Les visiteurs du soir ne sont toutefois pas les premiers venus puisqu’il s’agit du Liverpool de Joe Fagan, intenable sur son territoire et favori annoncé.
Au terme de deux heures de neutralisation (un but de part et d’autre), le vainqueur doit pour la première fois de l’histoire être départagée par la fatidique séance de tirs au but. Forte de sa Curva Sud chauffée à blanc, la tendance penche naturellement du côté du club romain.
Mais c’est sans compter sur les excentricités du sulfureux gardien zimbabwéen des Reds, Bruce Grobbelaar, qui entend déstabiliser chacun des tireurs giallorossi en adoptant une attitude désinvolte sur sa ligne de but, bien éloignée de la concentration attendue dans ce type d’exercice. Le pari s’avère gagnant. Le virevoltant Bruno Conti et l’attaquant Francesco Graziani échouent dans leur tentative. Si l’on peut remettre en perspective le fait que ces ratés résultent des simagrées du portier africain, la légende retiendra que ce sont bien ces spaghettis legs qui ont offert sa quatrième coupe « aux grandes oreilles » au club britannique.
Ce passif remarquable trotte nécessairement dans les têtes des aficionados des deux camps depuis l’annonce du tirage, et se veut certainement encore un peu plus prégnant ce soir. Si les romains ont accusé une lourde défaite à l’aller (5 buts à 2), ils peuvent cependant se prendre à rêver. Tout d’abord, ces deux buts inscrits à l’extérieur en toute fin de match atténuent nettement l’ampleur du retournement à opérer ce soir, tout en mettant en lumière la difficulté qu’a le club anglais à gérer un résultat. L’AS Roma peut également s’appuyer sur son histoire ; toute récente d’abord, avec son incroyable volte-face contre le FC Barcelone, lors du ¼ de finale retour le 10 avril dernier. C’était déjà dans son fameux stade olympique. Une capacité de réaction déjà observable lors de la campagne de 1984 évoquée précédemment. En ½ finale, les italiens, mis à mal au match à l’aller par une surprenante équipe écossaise de Dundee United (2 à 0), sont parvenus à inverser la vapeur en claquant chez eux, trois buts à leur rival au retour.
Quelques éléments qui permettent aux habitants de la « ville aux sept collines » d’espérer. Ces dernières semaines nous ont montré que les surprises étaient de mise en cette année 2018.

En cette année 2018, et malgré l’absence de Philippe Coutinho, parti du côté du FC Barcelone – où le gazon devait lui sembler plus vert que sur les rives de la Mersey -, l’entraîneur allemand de Liverpool Jürgen Klopp, peut compter sur son inarrêtable trident offensif emmené par l’ailier égyptien Mohamed Salah, bien accompagné par Roberto Firmino et Sadio Mané