France – Arabie Saoudite : Doctor Zinédine & Mr. Zidane

18 juin 1998 – l’équipe de France sort d’une promenade de santé contre l’Afrique du Sud et se doit de réitérer la performance face à l’un des plus faibles concurrents du Mondial : l’Arabie Saoudite.

Cette issue ne fait rapidement aucun doute et les Bleus soignent leur différence de buts avec un score final de 4 à 0, continuant ainsi à emmagasiner de la confiance. Un point noir vient toutefois assombrir cette soirée paisible pour les 80 000 spectateurs du Stade de France. Il s’agit d’un geste, « d’humeur » comme l’on aurait coutume de dire, en provenance de celui qui est déjà aux yeux de beaucoup, le meilleur joueur du moment : Zinédine Zidane.

Son touché soyeux, ses dribbles enjôleurs, sa vista perçante ont forgé la légende du plus grand « dix » de sa génération. Sa violence, impulsive, parfois froide – qui lui valut pas loin de vingt expulsions au cours de sa carrière -, ne peut dans le même temps être occultée de son tempérament de joueur. Véritable fauve footballistique, assoiffé de gagne, Zizou est un être en tension sur le pré. Il suffit pour s’en convaincre d’observer chacune de ses célébrations sur ses deux buts inscrits en finale dudit Mondial. La première est rageuse, limite guerrière – les Bleus sont alors au commencement de leur combat final – quand la seconde est vécue collectivement, laissant affleurer un filet d’apaisement, qui coïncide avec l’emprise totale des français sur le match.

Le fait qu’il en arrive, à vingt minutes du terme d’un match à sens unique, à laisser traîner les crampons de ses Predator Accelerator sur le postérieur de son adversaire saoudien, venu lui contester la gonfle dans une action pour le moins anodine, illustre d’ailleurs bien que ce n’est pas tant le contexte qui prévaut dans ses débordements, que l’état transcendantal que peut produire l’enjeu purement footballistique sur le natif de Marseille. La part irrationnelle de tout grand génie en somme. 

 

Zinédine Zidane, expulsion à la suite d'un coup de boule lors du premier tour de la Ligue des Champions 2000/2001

Même si le contexte ne peut être totalement exclu (jurisprudence Zidane VS. Materazzi 2006), il ne semble pas pouvoir expliquer tous les déboires de Zinédine Zidane, comme en atteste le coup de boule qu’il adressa à Jochen Kientz lors de l’opposition entre la Juventus Turin et le Hambourg SV au premier tour de la Ligue des Champions 2000/2001. Un écart qui lui couta certainement cette année-là, un deuxième Ballon d’Or.

 

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