Le Dynamo Kiev et les clubs français, une vieille histoire

L'équipe du Dynamo Kiev de 1975.

L’équipe du Dynamo Kiev en 1975.

L’En Avant Guingamp a frôlé l’exploit jeudi soir. Celui d’éliminer le Dynamo Kiev, mythique club de la capitale ukrainienne. Un adversaire de taille qui entretient des relations particulières avec les protagonistes français.

Le Dynamo Kiev est incontestablement une figure emblématique du football est-européen. Aussi titré sous l’ère soviétique que depuis la chute du Mur de Berlin, le club a vu passer dans ses rangs les meilleurs joueurs de la région, Oleg Blokhine et Igor Belanov en tête. Il est même parvenu à graver son nom au palmarès de coupes européennes. On peut retenir une victoire en Supercoupe de l’UEFA – rencontre qui oppose le vainqueur de chacune des deux grandes compétitions européennes – et une Coupe des Coupes – compétition qui réunissaient les vainqueurs de coupes nationales jusqu’en 1999 – lors de l’année 1975, son plus beau millésime. Mais son parcours européen ne fut pas tout le temps couronné de succès. La faute à certains clubs français notamment.

La première chute dans le Chaudron

Lors de la saison qui suit (1975/1976), Saint-Etienne est le club phare du championnat de France. Il est par ailleurs engagé en Coupe des Clubs Champions et doit affronter le redoutable Dynamo Kiev en quart de finale. Après un match aller à sens unique où, chez eux, les ukrainiens ont facilement maîtrisé leur adversaire (2-0), les joueurs de Robert Herbin se voient dans l’obligation de réaliser une grande performance pour espérer atteindre le tour suivant. Mais cette défaite a laissé quelques traces et l’ambiance au sein du club stéphanois n’est pas au beau fixe. Jean-Michel Larqué a été pointé du doigt pour sa terne prestation, Christian Sarramagna goûte quant à lui peu les critiques à son encontre, Patrick Revelli se plaint de son maigre temps de jeu et Dominique Rocheteau peine à soigner un mollet récalcitrant. L’unité semble atteinte.

Pourtant, c’est galvanisé par un Stade Geoffroy-Guichard en ébullition et un soutien qui dépasse le simple département de la Loire que les joueurs pénètrent sur le pelouse en ce 17 mars 1976. Il est vrai qu’à cette époque, les Bleus étant inexistants sur la scène internationale, les français ont facilement transféré leur soif d’exploits sur l’ASSE. Cette grande ferveur n’intimide en rien les Verts qui réalisent une prestation immense. Nettement plus offensif qu’au match aller, dans un style très ajacide, les joueurs stéphanois dérangent des ukrainiens habitués à faire tourner la gonfle en attendant le moment propice pour « tuer » leur adversaire.

Oleg Blokhine perd son duel face à Christian Lopez. Le tournant de ce quart de finale retour de la Coupe des Clubs Champions 1976

64ème minute : Oleg Blokhine perd son duel face à Christian Lopez. C’est le tournant de ce quart de finale retour de la Coupe des Clubs Champions 1976.

Si les deux équipes se neutralisent pendant une bonne heure, le tournant intervient à la 64ème minute de jeu. Alors qu’Oleg Blokhine se présente seul face à Ivan Ćurković en compagnie de son compatriote Vladimir Onitchenko, la star soviétique, peut-être par excès de confiance, oublie son partenaire et crochète trop mollement un Christian Lopez revenu aux abois. Ce dernier sauve les siens in extremis et sur son dégagement, le contre stéphanois s’engage par le biais d’Oswaldo Piazza qui trouve Patrick Revelli. D’une brillante déviation de l’extérieur du pied droit, ce dernier sème la pagaille dans la surface ukrainienne et le portier Rudakov, 1m92, est lobé. Le deuxième frère Revelli, Hervé, n’a plus qu’à tirer dans la cage vide, délivrant une foule en liesse.

Malgré ce scénario renversant, les ukrainiens sont toujours qualifiés. C’est sans compter sur un superbe coup-franc de Jean-Michel Larqué six minutes plus tard, qui vient laver ses errements de la première confrontation. Les Verts arrachent les prolongations. A la 112ème minute, malgré des crampes de plus en plus tenaces, c’est Dominique Rocheteau, pourtant incertain avant le match qui vient concrétiser d’un plat du pied, un splendide slalom de Patrick Revelli dans la défense kiévienne.

L’exploit imaginé se concrétise. L’ASSE obtient sa place pour les demi-finales de la compétition. Ils y battront le PSV Eindhoven des frères van de Kerkhof avant de perdre par la plus petite des marges face au grand Bayern Munich, dans la fameuse enceinte glaswégienne d’Hampden Park et ses « poteaux carrés » qui laissent dire que
s’ils avaient été ronds, les tentatives successives de Jacques Santini et Dominique Bathenay auraient pu faire mouche.

Guingamp tout près de réitérer la performance lavalloise

Si Saint-Etienne a battu le Dynamo Kiev dans sa période la plus faste, il convient de souligner que le club stéphanois était également au sommet de son histoire. C’est pourquoi il apparaît intéressant de parler du cas du Stade Lavallois lors de la saison 1983-1984. Qualifié cette année-là en Coupe de l’UEFA grâce à sa belle cinquième place arrachée la saison passée, les mayennais sont également parvenus à éliminer le Dynamo d’Oleg Blokhine, toujours maître à jouer de l’équipe.

Pour cela, les joueurs du légendaire Michel Le Milinaire ont fait preuve d’une abnégation extraordinaire. Fort d’un 0-0 encourageant au match aller, les oranges et noirs ont su mettre le but suffisant pour écarter l’ogre ukrainien, grâce à José Souto à la demi-heure de jeu. Malgré les nombreux assauts qui ont suivi, Laval tient bon et s’octroie une place inespérée en 16ème de finale où l’Austria Vienne mettra fin au rêve du club.

Une aventure qui a trouvé un certain écho lorsqu’on a vu Guingamp s’exfiltrer de sa poule pour venir affronter le club ukrainien en 16ème de finale. Après une victoire houleuse au Roudourou, véritable douzième homme ce soir-là, tous les espoirs étaient permis pour ces guingampais fort séduisants.

Hélas, le stade olympique de Kiev, tout comme le climat de la ville, est extrêmement hostile, en atteste les échauffourées surréalistes entre supporters ukrainiens qui ont interrompu la deuxième mi-temps. Leur club était pourtant en train de renverser la vapeur. Et malgré un sursaut guingampais, un pénalty, fâcheux mais logique, concédé par Benjamin Angoua, est venu crucifier le club breton qui a du rentrer bredouille, mais fier, sur ses brumeuses terres costarmoricaines.

Marco Verratti, Zlatan Ibrahimović et Jérémy Ménez fêtant le premier but parisien devant Andriy Yarmolenko

18 septembre 2012 : Pour ses retrouvailles avec la Ligue des Champions, le PSG étrille à domicile le Dynamo Kiev 4 buts à 1. Marco Verratti, Zlatan Ibrahimović et Jérémy Ménez fêtent ici le premier but parisien devant Andriy Yarmolenko.

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