Vacheron Constantin, 260 ans de splendeur horlogère

Raffinement par Vacheron Constantin

Vacheron Constantin fête cette année ses 260 ans. Un âge canonique qui informe immédiatement sur l’aura immense dont jouit la maison genevoise, qui parvient à allier maîtrise technique et cachet artistique.

Un acteur majeur de l’histoire horlogère

1755 n’est pas seulement la date de naissance de Marie-Antoinette d’Autriche, célèbre amatrice d’horlogerie. C’est également l’année qui voit naître Vacheron Constantin, une institution horlogère à l’histoire particulièrement dense.

L’acte fondateur de celle-ci s’avère être la signature du contrat d’apprentissage du jeune Esaïe Jean François Hetier par Jean-Marc Vacheron. Ce dernier lance là, sans trop le savoir, son modeste atelier dans le grand bain de la Haute Horlogerie.

François Constantin, instigateur de la fameuse devise de la manufacture Vacheron Constantin dans un courrier adressé à Jacques Barthélémi Vacheron.

On doit à François Constantin la fameuse devise de la manufacture : « Faire mieux si possible, ce qui est toujours possible », qu’il prononça dans un courrier adressé à Jacques Barthélémi Vacheron.

L’affaire va longtemps demeurer dans le giron familial. Son fils Abraham va donner un peu plus d’envergure à la manufacture en développant les premières complications dès la fin du XVIIIème siècle. Il sera imité par sa propre progéniture, Jacques Barthélimi, qui parvient à faire résonner le nom de la maison familial en dehors des frontières helvétiques. Charles-Albert de Carignan, roi de Sardaigne, a par exemple jeté son dévolu sur celle-ci au début du XIXème siècle.

Une trajectoire qui va prendre de l’ampleur avec l’arrivée de l’homme d’affaires François Constantin, qui diffuse les
produits de la manufacture sous l’appellation Vacheron & Constantin. L’esperluette a depuis disparu en 1970. Un essor particulièrement prégnant en Amérique du nord à partir des années 1830, qui s’étend ensuite jusque dans les pays d’Amérique centrale et du sud.

Vacheron Constantin Harmony Chronographe pour le 260ème anniversaire de la manufacture.Toujours bien placée dans l’immuable course à l’excellence horlogère, Vacheron Constantin a notamment su se mettre en valeur lors des concours de chronométrie, très en vogue à la fin du XIXème siècle. Depuis 1901, l’horloger est également l’un des rares acteurs à pouvoir se prévaloir du Poinçon de Genève, summum du savoir-faire suisse. La collection Harmony, réalisée en l’honneur de ce 260ème anniversaire, en atteste d’ailleurs.

Une maison exclusive, toujours dans le coup

Tout en conservant comme fil rouge, la sobriété et le haut niveau de frabrication, Vacheron Constantin a dans le même temps manifesté une grande adaptabilité, lui permettant de satisfaire les désidératas les plus saugrenus. Ce qui peut expliquer pourquoi la maison genevoise s’est retrouvée mêlée à la course à la complication menée par les magnats américains James W. Packard et Henry Graves Jr. durant l’entre-deux-guerres, quand bien même Patek Philippe a largement tenu le haut du pavé à ce jeu-là. On peut y voir un moyen de maintenir l’implantation traditionnelle de Vacheron Constantin outre-Atlantique, appuyée par la fameuse American, symbole des « années folles » et réinterprétée en 2008.

 

Le prestige de Vacheron Constantin s’est également construit grâce à une fidèle clientèle constituée de nombreuses têtes couronnées. Les rois d’Egypte Fouad Ier et Farouk, sont par exemple restés très attachés à la manufacture, qui a notamment confectionné pour eux une Grande Complication. On peut également citer Bhupindra Singh, le Maharadjah de Patiala, qui s’est vu remettre une assez surprenante montre-bracelet en 1916 ou encore la Reine Elisabeth II qui s’est vue offrir un garde-temps en platine à l’occasion de son mariage avec le prince Philip, duc d’Edimbourg, en 1947 .

Malgré ce fort caractère aristocratique, l’horloger genevois ne s’est jamais interdit de suivre les modes passagères (pléonasme ?), comme l’illustre la montre de poche en cristal de roche de 1927, typique du mouvement Art déco. Puis, au fur et à mesure du XXème siècle, les montres Vacheron Constantin ont commencé à se distinguer par leurs formes atypiques. Les Toledo de 1952 et Aronde de 1954, qui revivent aujourd’hui au sein de la collection Historiques en sont les plus probants exemples. Le tout, sans jamais répudier la recherche perpétuelle d’élégance et d’intemporalité, chère à la collection Patrimony.

 

Après avoir développé une montre-bracelet chronographe dans les années 60, Vacheron Constantin se tourne vers les montres sport à la fin des 70’, avec la 222, qui préfigure la future Overseas qui n’apparaîtra qu’en 1996 et qui demeure toujours disponible aujourd’hui.

Le progrès ne s’arrêtant jamais comme le veut la célèbre maxime de la maison genevoise, celle-ci accouche en 1992 de la répétition minutes la plus plate du monde (3,28 mm) avec le calibre 1755. La quête de minceur a en effet été un exercice auquel Vacheron Constantin s’est prêtée dès les années 50 avec le mouvement extra-plat 1003 (1,64 mm), qui deviendra la quintessence de la sobriété et de la finesse de la marque.

 

Mais face à une concurrence toujours plus féroce dans le secteur de la Haute Horlogerie, Vacheron Constantin a mis un point d’honneur à mettre en exergue toute son exceptionnalité pour entrer dans le XXIème siècle et particulièrement pour son quart de millénaire en 2005. Ont ainsi été produites, entre autre, la fameuse Tour de l’Île et ses 16 complications cumulées sur les deux faces du garde-temps, qui ont nécessité 10 000 heures de développement et de recherches, mais aussi la flamboyante pendule Esprit des Cabinotiers.

Fort du succès de ces créations hors normes, la maison a donné naissance l’année suivante aux ateliers cabinotiers. Ces derniers ont pour objet de permettre aux clients les plus exigeants – et particulièrement fortunés, cela va de soi – de réaliser des commandes spéciales, personnelles et sans aucunes limites, faisant de nouveau écho à la devise de la maison. Les premières pièces sorties de cet atelier ont immédiatement donné le ton et illustré à merveille le niveau de maîtrise de Vacheron Constantin.

Héraut de l’onirisme horloger

Précédemment, F&G introduisait la notion « d’onirisme horloger », faisant le lien entre horlogerie et imaginaire, en s’appuyant notamment sur les créations de la maison française Van Cleef & Arpels. Néanmoins, effectuer ce travail à partir du travail de Vacheron Constantin aurait été tout aussi pertinent.

 

Le souci artistique chez Vacheron Constantin était déjà perceptible en 1824 avec la fameuse montre de poche ornée de la carte de l’Italie en émail bleu. Raffinement qui deviendra un trait de caractère essentiel de la manufacture, comme l’attestent les montres de poche présentées à l’exposition internationale de Milan en 1906 ou encore celle dite « Les Bergers d’Arcadie » en 1923.

Mais c’est finalement avec les « Créations Métiers d’art » que ce lien est le plus perceptible. Au sein de celle-ci, on retrouve notamment les collections Florilège, Hommage aux grands explorateurs ou encore Symbolique des Laquesauthentique vénération de l’excellence japonaise dans cet art ancestral.

Vacheron Constantin Genève 1755

La Croix de Malte – ou Croix de Saint-Jean – est l’emblème de Vacheron Constantin depuis 1880. © Atelier Roger Pfund Communication visuelle SA

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