
Imaginée en 1938, la Type 64 devait avant tout s’illustrer en course. La seconde Guerre Mondiale entravant cette destinée, elle est finalement restée dans les annales comme étant la première véritable création de Ferdinand Porsche, bien que basée sur la structure de la Coccinelle de Volkswagen créée la même année… par Ferdinand Porsche toujours
Le mythe Porsche transcende les passionnés d’automobiles depuis 70 ans et l’avènement de la 356. Certains d’entre eux se réclament même du porschisme. Contempteur des grosses cylindrées, ce courant de pensée roulant promeut la propulsion comme mode de transmission et ne jure que par les tendres regards circulaires et les tailles galbés.
Comme tout idéalisme, il est cependant amené à se heurter dans la durée au réel, pour en fin de compte venir tremper dans le conformisme ambiant de nos sociétés globalisés. Dans le cas de Porsche, les prémices de ce phénomène apparurent à la fin des années 70 dès que les 924 et 928 vinrent bouleverser l’univers Porsche avec leurs respectifs 4 cylindres en ligne et V8 placés à l’avant, pour finalement s’exacerber à partir du XXIème siècle. Ce dernier témoigne en effet d’une certaine « normalisation » du constructeur au travers de l’élargissement des gammes proposées et de l’adoption de nouveaux volumes, bien éloignés de son ADN ; du SUV avec le Cayenne et le Macan, à la routière avec la Panamera. Le tout, affublé de moteurs hybrides voire même diesels… (à moins que vous considériez la branche Porsche-Diesel spécialisée dans la fabrication de tracteurs agricoles dans les années 50-60, comme l’essence même du constructeur !)
Une tendance inexorable, qui éclabousse aujourd’hui d’autres grands noms de l’industrie automobile tels que Jaguar ou Maserati. Qu’importe, en ayant ouvert cette voie bien avant ses concurrents, Porsche peut aujourd’hui s’enorgueillir d’être le constructeur généraliste le plus rentable du moment. Ce qui résume finalement bien la considération apportée à l’objet automobile aujourd’hui.
Ne restons toutefois pas affligés par ces moroses constats contemporains et plongeons-nous au milieu de la myriade de modèles qui ont façonné la légende du constructeur allemand.
TOURISME
Par ordre chronologique
- Lancée en 1948, la 356 fut la première création totale du constructeur stuttgartois. © Artcurial Motorcars
- Si la finition est plus aboutie, la filiation entre la 356 dite « Pre A » et la Type 64 est incontestable. © Artcurial Motorcars
- La 356 B se veut plus chaleureuse, davantage ornée, moins dépouillée que sa devancière. © Artcurial Motorcars

Redoutable barquette, la 550 était bâtie pour la course, particulièrement la Carrera Panamericana. C’est pourtant sur route ouverte avec James Dean à son volant, qu’elle est tragiquement rentrée dans l’histoire en 1955
- C’est en 1963 qu’est créée l’intemporelle 911, inimitable coupé aux yeux ronds, qui en est à sa septième génération aujourd’hui
- La première d’entre elles, la Type 901, connut de nombreuses déclinaisons. Parmi les plus exclusives, la performante Carrera 2.7 RS… © Artcurial Motorcars
- … ou encore la désirable Targa, un type de carrosserie qui a depuis fait la réputation de la marque. © Artcurial Motorcars
- Le succès de la 911 s’essouflant à la fin des années 70, la 911 SC est sensée marquer le chant du cygne du modèle. Elle suscitera pourtant l’effet inverse… © Artcurial Motorcars
- … lui permettant de revenir au premier plan avec l’arrivée de motorisations turbocompressées (d’abord 3.0, puis 3.3 pour la 930). © Artcurial Motorcars
- Anticipant un déclin de la 911, les dirigeants du constructeur empruntèrent une nouvelle voie en imaginant des coupés à moteur avant, tels que la 924, ici dans sa version radicale Carrera GT… © Artcurial Motorcars
- … ou la 944. De quoi bigrement déstabiliser les aficionados de la marque
- La 928 s’avéra de son côté une performante GT dans ses versions 5.0 pouvant développer jusqu’à 350 chevaux. © Artcurial Motorcars
- Moins attrayante que sa prédécesseur, la 968 enterra le cycle « moteur avant » chez Porsche… jusqu’à l’arrivée du Cayenne en 2002

Si Porsche parut quelque peu s’égarer dans la galerie précédente, la marque était dans le même temps toujours capable de produire des véhicules d’exception. La 959 (1986 – 1989), sa première supercar, était assurément de cette trempe de par ses performances étincelantes et son avant-gardisme. © Artcurial Motorcars
- La Type 964 fit entrer la 911 dans les années 90, décennie qui se montra tumultueuse pour Porsche, entre incertitudes et renaissance. © Artcurial Motorcars
- Comme pour la génération précédente, motorisations atmosphériques et turbocompressées cohabitaient toujours au catalogue de la 911. Les secondes se distinguent des premières avec leur impressionnant aileron placé au dessus du Flat-Six. © Artcurial Motorcars
- Topo identique pour la très séduisante Type 993 et ses magnifiques jantes 18 pouces légèrement torsadées
- Le modèle, particulièrement en version Turbo, ne cesse de voir sa cote augmenter en ce moment
- La Boxster bouscula les porschistes avec ses feux en amande. En s’ouvrant à une nouvelle clientèle grâce à un tarif plus abordable, elle parvint cependant à relancer la marque alors en perte de vitesse, annonçant ainsi une entrée dans le XXIème siècle plus sereine
- Qui dit nouvelle ère, dit nouvelle démonstration de savoir-faire. Dans le sillon de la 959, véritable vitrine technologique en son temps, Porsche présenta une nouvelle supercar avec la 911 GT1
- La sublime Carrera GT s’est elle aussi inscrite dans cette tradition de sportive exclusive et ultra-performante. Son V10 démonstratif prouve que le Flat-Six n’est pas la seule voie d’excellence de la marque. © Artcurial Motorcars
COMPÉTITION
Par ordre chronologique

La 904 est assurément l’un des joyaux de la firme stuttgartoise. Forte d’un très beau palmarès sportif avec notamment des victoires dans sa catégorie au Mans, à Sebring et à Daytona entre 1964 et 1966, sa ligne racée continue de susciter émotion et admiration dans les plus prestigieux rassemblements d’automobiles classiques. © Artcurial Motorcars
- Porsche se distingua nettement en catégorie sport à partir des années 60. La 906, remarquable avec son nez si singulier, y contribua indubitablement en s’offrant les 24 Heures du Mans 1966 et 1967 dans la catégorie 2.0
- La 907, plus discrète, permit néanmoins à la marque de commencer à façonner des carrosserie longue visant à favoriser la pointe de vitesse. Elle pouvait ainsi dépasser les 300 km/h malgré la puissance contenue de son flat-six
- Dans le même temps, la 910 maintenait la dynamique victorieuse du constructeur avec notamment une première « victoire totale » (podium complet) aux 1 000 KM du Nürburgring 1967
- La 908 présente de son côté une carrière dense et multiple. Dérivée en châssis court ou long à partir de 1968, elle poursuivit son chemin en version spyder, glanant de bons résultats jusqu’en 1980 (deuxième aux 24 Heures du Mans cette année-là) ! © RM Sotheby’s
- La 917 est communément considérée comme l’automobile de compétition la plus superlative de son temps. Sa ligne inimitable permet de jauger le formidable travail aérodynamique accompli par les ingénieurs Porsche. Conjuguée à un 12 cylindres à plat démoniaque, la bête affiche des performances encore étourdissantes aujourd’hui (moins de trois secondes pour abattre le 0 à 100 km/h). En 1970, cet exemplaire aux couleurs du team autrichien Porsche KG Salzburg fut emmené sur la première marche du podium des 24 Heures du Mans par le duo H. Hermann – R. Attwood
- La 917 resta également dans les mémoires pour ses différentes robes, à une époque où le sponsoring prenait le soin de revêtir une dimension esthétique. Si l’alliance du bleu ciel et du orange du pétrolier Gulf renvoie au succès des Ford GT 40 à la fin des années 60, elle demeure tout autant associée dans la culture populaire à la 917 mise délicieusement en scène par Steve McQueen dans son film ‘Le Mans’ (1971)
- En 1971, une nouvelle 917 s’imposa au Mans. Elle arborait cette fois de nouvelles couleurs, tout aussi fameuses : celle du Martini Racing Team, équipe affiliée à la distillerie italienne éponyme, particulièrement impliquée dans le sport automobile encore de nos jours, avec Williams en Formule 1 notamment
- Sport-prototype (Gr. 6) équipée d’un flat-six turbocompressé, la 936 se distingua avec brio au Mans en cumulant pas moins de trois victoires en 1976, 1977 (sous une tunique Martini Racing) et en 1981. Le point commun de ces trois victoires : la présence à chaque fois à son volant de « Monsieur Le Mans », le belge Jacky Ickx
- Présent sur tous les plans en endurance, Porsche alignait dans le même temps en catégorie Tourisme (Gr. 5) une armée de 935 – dérivées de la 911 – qui ont laissé de la gomme et de l’huile sur à peu près tous les circuits du globe. Faisant honneur à son aînée, l’une d’entre elle, engagée par la compétitive équipe privée Kremer, triompha au Mans en 1979
- En 1978, une évolution de cette dernière permit à Porsche de renouer avec sa tradition des carrosseries rallongées. La 935/78 entra surtout dans la légende pour son surpuissant moteur doublement turbocompressé – développant près de 850 chevaux – et sa ligne hors du commun, qui lui valut le doux surnom de ‘Moby Dick’
- Les années 80 ne furent pas moins fastes. Les 956 trustèrent tous les podiums possibles. Preuve du prestige de ce modèle, l’exemplaire vainqueur des 24 Heures du Mans 1983 a été adjugé plus de dix millions de dollars par Gooding & Company à l’occasion de l’édition 2015 du concours d’élégance de Pebble Beach
- Même réussite planétaire pour la 962C – dont la filiation avec sa devancière n’est pas à établir dans cette magnifique livrée Rothmans – avec plus particulièrement deux sacres consécutifs au Mans en 1986 et 1987
- A l’instar de McLaren avec sa F1 GTR LM ou de Mercedes-Benz avec sa CLK LM, la victoire au Mans 1998 conféra une aura singulière à la 911 GT1, supercar des années 90 de Porsche
































