Stirling Moss, mémoire du sport automobile

À l’heure où l’édition 2019 du Goodwood Revival, véritable remontée dans le temps glorieux de la mobilité et plus particulièrement de la course automobile, vient de s’achever, une autre figure britannique de la discipline, tout aussi mémorable, vient de célébrer ses 90 ans, en la personne de Stirling Moss.

Son surnom de « Champion sans couronne » est sensé rappeler qu’en dépit d’un palmarès privé de titres majeurs, son talent sur la piste et son charisme en dehors lui ont valu une invitation au panthéon des grands pilotes de l’histoire.

L’année 1955, bien qu’obscurcit par le drame des 24 Heures du Mans, s’avère bien remplie pour Moss, qui s’octroie trois victoires en catégorie sport, au volant de l’étincelante 300 SLR

 

Stirling Moss rencontrant au détour d’une course, l’acteur Steve McQueen, toujours avide de compétitions automobiles

Le nom de Moss peut tout autant être associé aux plus grands constructeurs, lorsqu’il se retrouve par exemple acteur de la domination des « Flèches d’argent » – quoique dans l’ombre d’un certain Juan Manuel Fangio -, qu’aux confidentielles écuries britanniques, qu’il a ardemment défendues, offrant notamment sa première victoire à Cooper, pionnier des F1 à moteur central arrière, à l’occasion du Grand Prix d’Argentine 1958. Il ne peut dans le même temps être dissocié des grandes sommités auprès desquelles il a tout simplement évolué, telles que Mike Hawthorn, Peter Collins, Dan Gurney, Caroll Shelby, Maurice Trintignant ou l’argentin susmentionné.

Derrière le compétiteur intraitable, pour qui il convenait de « frôler le désastre » pour parvenir au succès, se niche un gentleman driver attaché à une forme d’indépendance. En privilégiant des aventures britanniques, parfois chaotiques, telles que chez Vanwall, BRM ou Connaught, Stirling Moss n’a cessé de cultiver cette singularité. Et même quand il se décide à rejoindre Enzo Ferrari, il obtient de ce dernier de courir avec des bolides italiens affublés des fameuses robes bleues nuits scindées d’un trait blanc horizontal du Rob Walker Racing Team. Une livrée devenue mythique comme l’illustre sa fameuse Ferrari 250 GT SWB Berlinetta numéro 7, véritable star des rassemblements d’anciennes désormais.

La Ferrari 250 GT SWB Berlinetta ayant appartenu à Stirling Moss, déjà évoquée dans ces pages, ne manque pas de déchaîner les passions à chacune de ses sorties

 

L’aura de Stirling Moss demeure très forte encore aujourd’hui, comme en témoignent les quelques déclinaisons de modèles actuels s’étant offertes son nom. Si la 812 Superfast s’est parée de la fameuse tunique bleue dans le cadre de la lignée Heritage que Ferrari a imaginée pour ses 70 ans, Mercedes-Benz a carrément détourné sa réinterprétation contemporaine de la fameuse SLR des années 50, pour en faire une superlative barquette pouvant se transformer en monoplace, dont un des soixante-quinze exemplaires a été cédé par Artcurial en début d’année, pour plus de 2,5 millions d’euros

Ces derniers événements auxquels il est longtemps resté attaché jusqu’à son retrait de la vie publique voilà maintenant deux ans. Si on a pu le croiser à l’occasion de quelques éditions du Tour Auto du début des années 2000, c’est surtout à Goodwood qu’il fut longtemps inévitable. Ce circuit est pourtant resté maudit pour le londonien : en 1962, une sortie de route sur une Lotus 18 privée le contraint de mettre un terme prématurément à sa carrière en 1962, sa tentative de retour un an après sur le même tracé lui signifiant en effet qu’il ne recouvrira jamais toutes ses aptitudes.

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