
Dan Gurney à bord de sa valeureuse Brabham BT7, en 1964
De son Amérique natale, il était venu bousculer les seigneurs européens des années 60, en compagnie de Masten Gregory, Richie Ginther ou encore Phil Hill. Il était le dernier survivant de cette fine équipe ; Daniel S. Gurney est parti aujourd’hui, à l’âge de 86 ans.
Si son palmarès n’était pas le plus conséquent, sa carrière a été émaillée de brillantes victoires en Formule 1 ainsi que d’un merveilleux sacre lors de l’édition 1967 des 24 Heures du Mans. Ses pairs ne s’y trompaient d’ailleurs pas en reconnaissant en lui, l’un des plus talentueux pilotes de sa génération. Lors de la saison 1965 – qu’il domina d’une main de maître – Jim Clark déclara ne craindre qu’un seul de ses concurrents : l’habile américain, malgré sa modeste Brabham BT7.
- Le Mans, 1967 : Dan Gurney initie sans le savoir une coutume qui deviendra universelle dans l’univers du sport en arrosant la foule qui l’acclame de champagne
- Dan Gurney et A. J. Foyt ont mené la Ford GT40 Mk. IV et son monstrueux V8 7.0 à la victoire devant les fabuleuses Ferrari 330 P4 à moteur V12, pour une victoire 100% américaine
- Dan Gurney a fait une apparition dans l’album n° 12 de Michel Vaillant, ‘Les Chevaliers de Königsfeld’, ici aux côtés de Graham Hill, Richie Ginther et John Surtees
- Michel Vaillant a de nouveau croisé l’américain sur les circuits de stock cars cette fois, dans l’album n° 15 ‘Le Cirque Infernal’
Mais là semble sa destinée en Formule 1 : il ne bénéficiera jamais des meilleures monoplaces du moment. Une constante qui peut expliquer que Dan Gurney ne soit jamais parvenu à s’adjuger une couronne mondiale, à l’instar de son aînée Phil Hill au volant de sa Ferrari 156 Sharknose, en 1961.
Après de solides débuts chez Ferrari en 1959, ce natif de Long Island interrompt rapidement son idylle avec la Scuderia pour rejoindre BRM l’année suivante, indubitablement séduit par l’avènement des moteurs arrières de l’autre côté de la Manche. L’aventure tourne cependant au fiasco et Gurney se réfugie dans l’aventure proposée par Porsche, qui se lance dans le grand bain de la Formule 1 en 1961. Les 718, 787 et 804 qui se succèdent sont performantes et permettent à l’américain de s’illustrer. Ce dernier parvient ainsi à atteindre la troisième place finale la première année et offre une première victoire à Porsche à l’occasion du Grand Prix de France l’année suivante. Malgré ces débuts encourageants, la firme de Stuttgart se retire de la discipline et l’américain doit alors rebondir au volant de Brabham pas encore tout à fait au point. Il parvient malgré tout à arracher la première victoire du constructeur australien, à Rouen toujours, en 1964.
Certainement inspiré par Jack Brabham, Dan Gurney fonde en 1966 sa propre écurie – Anglo American Racers -, et imagine ses propres monoplaces baptisées Eagle. Parallèment, son mentor australien glane cette année-là le titre mondial à bord de la Brabham BT19-Repco de sa création. Encore un rendez-vous manqué pour Dan Gurney…
Les monoplaces de ce dernier sont toutefois remarquées pour leur dessin épuré, qui témoigne de ses qualités d’aérodynamicien – on lui doit notamment le Gurney Flap, une innovation aérodynamique toujours utilisée dans la conception des hélicoptères -, enjolivées par leur robe bleue marine transpercée d’une bande blanche. Les premières saisons sont honorables, mais les impératifs financiers vont conduire Dan Gurney à recentrer la participation de ses bolides sur les seuls circuits américains à partir des années 70. Un choix judicieux puisque les belles s’illustrent encore davantage jusqu’à enchaîner les victoires au début de cette nouvelle décennie, dans le championnat organisé par l’USAC. Un rôle de patron d’écurie investi dans les compétitions nationales qu’il conservera jusque dans le courant des années 90.

Dan Gurney au volant de la superbe Eagle T1G à moteur V12 Weslake, sur le tracé de Spa-Francorchamps, en 1967



